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tabsÉdition 2019 : Exorganologie II – Remondialisation et Internation

8 videos 17h 0 annotation dernière vidéo publiée 2019-06-20T14:49:03.263295

La globalisation a été une immondialisation : l’immonde destruction des mondes. Cette réalité sur laquelle prospèrent toutes les régressions désormais dominantes est restée foncièrement impensée. Et il en va ainsi parce qu’un monde, en tant qu’il constitue une matrice de noodiversité, est avant tout une singularité idiomatique néguanthropique. Comment panser cela sans régresser soi-même, et pourquoi cela n’aura-t-il donc pas été pensé en tant que tel, à l’échelon politique et économique en particulier – et malgré des travaux tels ceux par exemple de Jean-Luc Nancy ?

Nous posons dans ce séminaire conduit dans le cadre de pharmakon.fr qu’il en va ainsi parce que les concepts d’entropie et de néguentropie, tels qu’ils décrivent des réalités thermodynamiques, biologiques et cognitivo-informationnelles, demeurent à ce jour dans les limbes. Et nous posons que l’ère Anthropocène est une ère Entropocène telle que ces dimensions thermodynamiques, biologiques et cognitivo-informationnelles s’y combinent en mettant le cap au pire.

Comme ce fut souligné l’an passé, ce séminaire est directement lié au programme de recherche contributive Plaine commune territoire apprenant contributif (cf. recherchecontributive.org), cette recherche ayant elle-même pour but de cerner les contours d’une économie contributive qui se déclinerait aux niveaux micro-économique, méso-économique et macro-économique.

Quant à cette ambition macro-économique, elle dépasse nécessairement les cadres nationaux. C’est pourquoi ce séminaire sera cette année également lié à l’objectif que s’est assigné un groupe issu d’Ars Industrialis, de pharmakon.fr, d’autres horizons et de certains issus des travaux de l’IRI (dont Plaine Commune territoire apprenant contributif), de remettre aux Nations Unies un memorandum of understanding en janvier 2020, au siège européen de l’ONU, et à l’occasion de la commémoration à Genève du 100è anniversaire de la league of nations, également appelée autrefois la SDN (Société Des Nations).

Cette initiative s’est engagée à partir des deux considérants suivants :

• D’une part, il faut rétrospectivement appréhender l’histoire centenaire de la Société des Nations puis de l’Organisation des Nations Unies au regard de l’analyse, avancée par Marcel Mauss en 1920, des enjeux et de l’avenir des rapports entre les nations, le droit international et ce qu’il nomme l’internation.

• D’autre part, il faut inscrire cette question de l’internation dans l’ère Anthropocène en vue d’y projeter la mise en œuvre d’une nouvelle macro-économie à l’échelle de ce qui était apparu en 1926 constituer la biosphère (au sens de Vernadsky), et qui se présente à présent comme une technosphère (comme l’annonçait aussi Vernadsky), caractéristique de l’ère Anthropocène.

L’économie contributive est une macro-économie caractérisée par le fait qu’elle lutte contre l’entropie : la néguentropie y devient le critère primordial d’établissement des valeurs d’usage et des valeurs d’échange qui y circulent. Cela signifie qu’elle revalorise les savoirs, qui seuls permettent des bifurcations anti-anthropiques, et les localités, qui, comme lieux où du savoir a lieu et fait diversement corps, sont les matrices de la noodiversité – et il ne peut qu’en aller ainsi dans la mesure où l’anti-anthropie et la néguanthropie, tout comme l’anti-entropie et la néguentropie, ne peuvent se produire que localement.

La biosphère elle-même, y compris comme la technosphère d’échelle planétaire qu’elle est devenue, constitue une localité dans le système solaire, dont le dehors qui la nourrit en tant que système ouvert est le soleil. Nous avions en ce sens tenté durant le séminaire 2017 d’appréhender les emboîtements de localités avec les notions de microcosmes, de macrocosme et de cosmos.

Le séminaire de cette année 2019 sera consacré pour l’essentiel à approcher ce que devraient et pourraient être les éléments primordiaux (les principes) d’un droit de l’internation à l’époque de la technosphère, conçu en vue de sortir de l’ère Anthropocène, et pour entrer dans l’ère Néguanthropocène. On s’attachera à y reconsidérer la question du droit dans ses rapports à la fois à la technique et à la localité – celle-ci n’étant pas réductible aux conditions territoriales – dans la stricte mesure où une économie de lutte contre l’anthropie constitue nécessairement des agencements exosomatiques locaux, dont la localité est définitoire de ses critères néguanthropiques et anti-anthropiques.

On se réfère ici, comme au cours des années précédentes, aux concepts d’organe exosomatique et d’évolution exosomatique avancés par Alfred Lotka, et à ce que nous avons appelé les exorganismes simples et les exorganismes complexes, qui constituent des localités exorganiques. De tels exorganismes sont des processus que traversent des flux dont l’unité à l’échelle de l’internation devrait constituer une technosphère accomplie, à la fois légitime et durable, c’est à dire capable de dépasser l’ère Anthropocène mortifère.

Nous tenterons en conséquence d’appréhender la question du droit du point de vue exosomatique, et telle qu’elle s’impose en toute forme d’ « exorganisme complexe supérieur » au sens où il en fut question dans le séminaire 2018 – les « exorganismes complexes inférieurs » étant soumis à un droit qu’ils ne produisent pas (c’est aussi ce à quoi introduit Qu’appelle-t-on panser ? 1. L’immense régression).

Un tel droit des exorganismes complexes supérieurs est réputé s’imposer aux exorganismes complexes inférieurs en fonction d’une légitimité procédant d’une souveraineté. Avec le développement des économies industrielles, la souveraineté des Nations et des Etats qui les constituent comme entités juridiques est cependant battue en brêche par les marchés et leur « désencastrement » – au sens de Karl Polanyi. Après que la réponse à la grande crise économique de 1929 eut réaffirmé la fonctionnalité macro-économique de l’Etat « providence » face à la constitution d’Etats nationalistes et totalitaires, le néolibéralisme aura provoqué le déclin idéologique de l’Etat-Nation en général, cependant que les technologies réticulaires et les dispositifs algorithmiques de scalabilité en quelque sorte le défonctionnalisaient, et, en cela, le délégitimaient.

L’actuelle régression nationaliste et autoritaire qui se manifeste partout dans le monde, et qui se combine généralement avec le déni de la situation calamiteuse résultant de l’Anthropocène, est un symptôme de ce qui, ayant laissé dans l’ombre les enjeux de la lutte contre l’anthropie soulevés en 1971 par Nicholas Georgescu-Rœgen, et ayant en conséquence renoncé à problématiser et fonctionnellement questionner les apories de la localité néguanthropique, s’est en outre subitement exaspéré, si l’on peut dire, sous l’effet de ce qui, au XXIè siècle, pose la question de ce que Franck Pasquale a décrit comme une souveraineté fonctionnelle des plateformes qui dominent la technosphère (cf. « From Territorial to Functional Sovereignty: The Case of Amazon ». https://lpeblog.org/2017/12/06/from-territorial-to-functional-sovereignty-the-case-of-amazon/).

En explorant tout d’abord les thèses de Mauss quant à ce qui constitue ce que l’on appellera les idiomaticités des nations, tout aussi bien que les apories de l’idiome, c’est à dire aussi de ce que Derrida appelait les intraduisibles, et Deleuze les singularités, et en y ajoutant le point de vue simondonien de l’individuation psychique et collective, on tentera de repenser et repanser du point de vue exosomatique le droit et la justice à partir de ce que Bergson appelle l’obligation, qu’il observe aussi sous l’angle de la philia telle qu’elle concerne aussi bien les groupements animaux (ainsi que le posait déjà Aristote – cf. Jean Lauxerois, L’amicalité), et en reconsidérant les analyses que Schmitt propose du nomos à l’époque de la conquête spatiale comme formation de l’exosphère qui entoure et contrôle la technosphère (la conquête spatiale est d’abord la conquête de la Terre comme technosphère – bien plus que de la Lune, de Mars ou du Système Solaire).

On tentera ainsi de réinterpréter le discours de Félix Guattari quant à ce qu’il décrit comme trois écologies, et quant à ce qui, comme nouvelle organisation macro-économique de ce que Mauss appelle donc l’internation, devrait permettre de les articuler fonctionnellement par la mise en œuvre d’une économie contributive de lutte contre l’entropie et l’anthropie.

Éléments de bibliographie :

Félix Guattari, Les trois écologies

Marcel Mauss, La Nation

Arnold Toynbee, L’aventure humaine, L’Histoire

Henri Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion

Jacob Von Uexküll, Mondes animaux et mondes humains

Carl Schmitt, Le nomos de la terre

Saskia Sassen, La globalisation. Une sociologie

Niklas Luhmann, Politique et complexité

Bertrand Gille, « Prolégomènes » à l’Histoire des techniques.

André Leroi-Gourhan, Milieu et techniques

Fernand Braudel, La dynamique du capitalisme

Alain Supiot, L’inscription territoriale des lois

Martin Heidegger, « La parole d’Anaximandre » dans Chemins qui ne mènent nulle part

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RECONSIDERING BLOCKCHAIN

10 videos 6h 0 annotation dernière vidéo publiée 2019-03-19T11:33:56.944602

This one-day workshop is intended to re-address the issues related to the Blockchain in the current context of the Anthropocene. Issues such as ecological impact, entropy in the field of information, destruction of collective institutions, need to be considered in a renewed concept of locality (Stiegler) and commons (Bauwens). Certification is a key issue in information systems but is also raising important epistemological questions since any knowledge needs to be confronted with the question of truth or more precisely of different regimes of veridiction in Foucault’s sense. This philosophical question, the ‘truth’ of the digital, will be analyzed in the context of decentralized certification, where there is no top-down or natural concept of certification but a dynamic elaboration of it. In the context of such ‘decentralization of proofs’, the workshop will analyze the tradeoffs between transparency and certification at the micro- level of a blockchain or at the upper level of decentralized education and knowledge production. Blockchain will also be considered in the context of “Real Smart Cities” where territories are considered as local open systems in a contributory economy. Blockchain systems are raising important questions that will be confronted to the context of the Plaine Commune territory (North of Paris), in an attempt to evaluate capacitative technological solutions with and for citizens. How should the global dimension of Internet communication be combined with the needs of local communities within the context of open communication systems in a way that provides clear rules for decision making and traceability of exchanges? Do decentralized systems show evidence of a new articulation between top-down and bottom-up knowledge production that could open the way to a new democratic context? How can decentralized systems help to build a new contributory economy for the benefit of local communities and contributory democracies, for example, by initiating debate concerning the definition of economic value and the context of the future of work in the age of a generalized automation of jobs and a massive decrease of employment.

tabsENMI 2018 : L'intelligence des villes et la nouvelle révolution urbaine

4 videos 16h 422 annotations dernière vidéo publiée 2018-12-20T09:59:07.053761

bookWork Marathon 2018 – Serpentine Galleries

12 videos 12h 158 annotations dernière vidéo publiée 2018-11-27T11:17:43.664116

Building on the 2017’s GUEST, GHOST, HOST: MACHINE! Marathon, which focused on artificial consciousness and machine learning, the 2018 Work Marathon explored issues including: technological developments leading to automation and its impact on labour; the political urgencies of coerced and invisible labour; and the role of non-human agents, including artificial intelligence, animals and materials, in the context of planetary ecologies.

The Serpetine Galleries Work Marathon 2018 was conceived in collaboration with Professor Bernard Stiegler who gathered experts from around the world to consider economics for an age of planetary-scale environmental crisis, looking to reduce the human footprint on the planet and reverse the phenomenon of entropy that follows. With Stiegler’s advice, the 2018 Serpentine Marathon has the goal of contributing to the writing of a manifesto, the first version of which will be issued on 23 September, and the definitive version of which will be sent to the United Nations, in Geneva, on 10 January 2020 – the day of the centenary anniversary of the League of Nations.

tabs2015 – Analyse phénoménologique des objets audiovisuels

14 videos 16h 1 annotation dernière vidéo publiée 2018-09-27T13:57:25.142281

Cours "Phénoménologie des objets temporels audiovisuels", professé par Bernard Stiegler à l'Université de Technologie de Compiègne (UTC). Enregistré au semestre d'automne 2015.

Description: Comprendre les mécanismes fondamentaux de la conscience qui rendent possible l'efficacité du cinéma, par l'étude des concepts issus de la phénoménologie des objets dits «temporels» et leur mise en application par l'analyse critique de grandes oeuvres du cinéma des cinquante dernières années et aussi d'analyser les conditions d'une description formelle des contenus filmiques à l'époque de la numérisation des images animées sonores.

bookColloque Mars 2018 : Une Économie Contributive dans une Société du Soin

7 videos 5h 0 annotation dernière vidéo publiée 2018-07-20T14:22:26.301028

Face à l’automatisation de l’emploi et à la numérisation de l’économie, comment mettre le numérique au service d’une nouvelle économie locale, durable et contributive, en y associant une réflexion plus large prenant en compte l’éducation, le vivre-ensemble et l’urbanité ?

Dans ce cadre, cette rencontre a pour but de mettre en perspective et en débat les thèses et hypothèses du programme Plaine Commune Territoire apprenant contributif et celles élaborées en 2017 par la Chaire de recherche contributive (cf. recherchecontributive.org), dans le contexte nouveau ouvert par le programme Territoire d’innovations intégratives et soutenables. Pour une urbanité numérique du droit à la ville, élaboré par l’ETP Plaine Commune en collaboration avec le programme Rêves de scènes urbaines et l’Université Paris 8, en réponse à l’appel d’offre Territoire d’innovation de grande ambition du Programme d’investissement d’avenir 2017.

Il s’agit à cette occasion de conjuguer deux ordres de questions qui doivent être à la fois clairement distingués et fonctionnellement articulés à l’échelle micro-économique et micro-politique et à l’échelle macro-économique et macro-politique. Le programme, qui vise à mettre en œuvre les principes d’une économie contributive (également appelée économie de la contribution), et dont lerevenu contributif est l’élément de base, enchaîne sur des analyses d’inspirations très diverses – des propositions sur l’automatisation dans les Grundrisse de Karl Marx aux propositions d’Amartya Sen sur la capacitation.

Les travaux sont conduits en dialogue avec les programmes européens Nextleap, spécifiquement consacré aux questions de cryptographie et de décentralisation des réseaux, et Real smart cities, conduit par le Digital studies network et consacré à la requalification des technologies et visions urbaines afférentes à ce que l’on appelle les Smart cities.

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