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bookAutomédias : Le Médiactivisme Disrupté ?

4 videos 10h 0 annotation dernière vidéo publiée 2024-05-19T09:15:16.519414

« Que ce soit le geste auto-médiatique produit à la volée par un seul individu avec un smartphone, ou l’entreprise collective automédiatique déjà aperçue dans le champ des luttes démocratiques, qui réinvente les formes des médias tactiques et des médiactivistes, l’automédiation désigne l’autoproduction et l’autodiffusion de l’information à caractère politique par l’usage ou la réinvention des appareils et circuits de communication numériques. ». Telle est la définition donnée de l’Automedia en introduction du dossier de recherche collectif publié par l’organisation du même nom dans le numéro 6 des Cahiers Costech. Pourtant si l’automedia et l’automediation semblent hériter de l’avant-garde des médias tactiques ou plus largement de la tradition médiactiviste, leurs réinventions à l’époque des technologies, des plateformes numériques et de l’Intelligence Artificielle apparaît – encore aujourd’hui – davantage comme un enjeu à conquérir qu’une réalité socio-technique établie. Si une transformation médiatique s’opère bien sous l’effet des conditionnements provoqués par la numérisation des supports de communication, les enjeux politiques visés par la tradition médiactiviste ne sont pas assurés d’être renouvelés.

Au contraire, le contexte infrastructurel dans lequel ces nouvelles pratiques s’élaborent semble davantage témoigner des mutations culturelles du capitalisme de l’information que d’un renouvellement de la posture contre-hégémonique2 propre au médiactivisme qui nécessiterait – entre autres – une souveraineté technologique et une nouvelle organisation économique médiatique. Exceptions faites de quelques programmes numériques tels que Discord, Mastodon, Telegram, Mobilizon l’écrasante majorité de la communication sur Internet se fait aujourd’hui sur les grandes plateformes du capitalisme numérique, qu’il soit américain (Facebook, X, YouTube, Instagram, Twitch, Linkedln, etc.) ou chinois (TikTok), quelle que soit la sensibilité ou l’intention politique des émetteurs.

Plus précisément, le tournant numérique du médiactivisme semble vider le mouvement de sa radicalité comme pour tenter d’en désamorcer l’ambition politique, tout en capitalisant sur les volontés et les expressions numériques de ses participants. Si les technologiques numériques et celles de l’Intelligence Artificielle sont pourtant susceptibles d’apporter des puissances politiques nouvelles au médiactivisme3, nous faisons ici l’hypothèse d’une corruption de ses finalités politiques par le contexte techno-économique auquel celles-ci sont désormais soumises. Un processus que Bernard Stiegler nomme : disruption.

Dans son ouvrage " États de choc, Bêtise et savoir au 21ème siècle", Stiegler développe les analyses de Naomi Klein publiées dans " La Stratégie du choc : la montée d’un capitalisme du désastre" pour conceptualiser une « stratégie du choc technologique où ce sont les conditions d’autonomie et d’hétéronomie des institutions académiques au sens large […] qui se trouvent radicalement modifiées » par un contexte techno-économique propre à engendrer des innovations destructrices. Une analyse que Stiegler redéveloppera quelques années plus tard dans son ouvrage "Dans la Disruption, Comment ne pas devenir fou ?" pour en généraliser le procédé, au-delà de l’assaut porté contre les institutions étatiques par un techno-capitalisme libertarien.

Cependant, l’intérêt majeur de l’analyse stieglerienne consiste dans l’apport de concepts visant à déconstruire la posture d’opposition politique afin de renouveler les formes du combat (devenant techno-politique) et faire émerger des réponses propres à son devenir technologique.

Ainsi, à la suite de Jacques Derrida, Stiegler rappelle la nature pharmacologique de la technique (toute technique est à la fois poison et remède) et prône la bifurcation plutôt que la révolution pour proposer une stratégie de combat contre la disruption. Si « la question [pharmaco-politique] est toujours de renverser le poison en remède », alors l’enjeu politique n’est plus tant de s’opposer à ce devenir pour revenir à la tradition médiactiviste que de faire bifurquer ce devenir vers des formes politico-médiatiques numériques qui peuvent résoudre certaines apories de la tradition médiactiviste.

Ainsi, nous proposons de nommer automedia le concept médiatique qui a résulté d’une disruption du médiactivisme par le capitalisme numérique pour redéfinir le/la médiactiviste en YouTuber ou en Tiktoker. L’enjeu de ce séminaire est double. Il consistera d’abord à approfondir l’hypothèse de cette disruption constituant l’automedia en innovation destructrice du mouvement médiactiviste. Il consistera ensuite à s’interroger sur les devenirs et les formes potentielles d’une pharmaco-politique de l’automedia pour penser et former son devenir positif.

Plusieurs évolutions nous permettent de caractériser cette disruption et de distinguer le modèle automediatique en train d’émerger du modèle médiactiviste dont il est issu. Nous remarquons deux évolutions majeures par rapport au médiactivisme : auto-media désigne des principes d’auto-production et des principes d’auto-matisation technologiques au sein d’entreprises de productions médiatiques. Automedias synthétise ainsi une déclinaison sémantique à partir du préfixe « auto- » pour produire au moins deux significations. Dans l’histoire technique du médiactivisme, les dynamiques d’auto-production étaient réservées à quelques initié.e.s issu.e.s du monde de la production audiovisuelle et/ou cinématographique, qui se réunissaient en groupe pour produire une fabrique collective. A l’inverse, la fabrique automédiatique veut pouvoir être pratiquée individuellement et être incarnée par tout un chacun.e sur des appareils de communication et plateformes numériques, sans requérir des compétences techniques (audiovisuelles) ou technologiques spécialisées. D’autre part, les processus d’auto-matisation technologique se trouvent aujourd’hui renouvelés par les technologies numériques et les technologies de l’Intelligence Artificielle et font entrer la circulation de l’information dans une nouvelle ère de production médiatique qui n’existait pas durant les années soixante-dix, à la naissance du médiactivisme. Les séances mensuelles de ce séminaire qui s’étaleront jusqu’à l’été 2024 proposeront chaque fois d’étudier des points saillants de cette disruption. Elles tenteront également d’en proposer des bifurcations afin de constituer le concept d’automedia et la pratique de l’automediation comme une transformation positive du médiactivisme à l’époque numérique et de l’Intelligence Artificielle.

tabsSéminaire Monnaie 2024

3 videos 7h 0 annotation dernière vidéo publiée 2024-04-12T14:48:21.810837

Afin d’alimenter le travail entrepris dans le projet ECO de monnaie locale de contribution écologique et sociale, ce séminaire s’intéresse notamment au schéma du financement de la bifurcation sociale écologique présenté dans le livre mais aussi à la dimension communautaire et la dimension du crédit mobilisées.

tabsSéminaire Permanent 2024

1 video 2h 0 annotation dernière vidéo publiée 2024-04-04T14:08:00.294089

Edition 2024 du séminaire permanent de l'IRI

bookJournées d'étude Hyperinterprétation - 03/2024

4 videos 11h 0 annotation dernière vidéo publiée 2024-03-21T15:32:19.649495

Hyper-Interprétation et savoirs à l’ère du digital : concepts et méthodes

https://www.iri.centrepompidou.fr/hyper-interpretation-et-savoir-a-lepoque-des-data/

Maison Suger – 18 et 19 mars 2024 – 16 rue Suger, 75006 Paris

Journées organisées par Franck Cormerais et Armen Khatchatourov

Argument

A l’heure du dernier stade de la grammatisation, celui des algorithmes et des données, – après les stades de l’alphabet et de l’imprimerie -, il convient de repenser la hiérarchisation et la circulation du savoir scientifique au regard des « technologies de la connaissance » et de l’analyse du langage. La transformation simultanée des régimes du document et des régimes de vérité implique l’expérimentation de nouvelles formes de recherche relatives aux formes de lecture et d’écriture.

En proposant le concept d’hyper-interprétation, l’objectif de ce colloque consiste à dégager les perspectives ouvertes par une approche organologique du savoir, basée sur la relation entre dispositifs techniques et formes de réflexivité qui allient les littératies et les numératies.

L’hyper-interprétation pose la question de la synthèse de plusieurs instruments de connaissance complémentaires qui sont nécessaires à l’évolution de l’activité des chercheurs. Le premier système, dit primaire, regroupe l’ensemble des publications scientifiques éditées qui concourent à la construction des heuristiques de la découverte et de l’expérimentation. Le système secondaire développé durant le XXème siècle favorise l’accès aux contenus primaires par le biais de catalogues des bibliothèques, des archives ouvertes de corpus et de bases de données d’enquêtes. Enfin, le troisième système regroupe l’ensemble des données et des hyperdocuments qui font l’objet d’un traitement spécifique de la part du chercheur et qui concourent à de nouvelles formes de signifiance. Il peut s’agir de graphes, de cartes, de réseaux, d’algorithmes de clusterisation ou de classification, de modèles de langages qui sont soumis à un traitement qualitatif ou quantitatif par le biais d’outillages dédiés.

L’hyper-interprétation renouvelle les conditions du travail interprétatif à travers le triptyque (traces, empreintes, langages) et superpose plusieurs systèmes documentaires qui traduisent l’évolution de l’action de la recherche dans toutes les disciplines en redistribuant les formes du dicible et du visible dans la perspective des Etudes Digitales. Après le concept de Digital Humanities, où les sciences de l’homme et de la société rencontrent les technologies, les Digital Studies, qui concernent toutes les formes de savoir, est une épistémogenèse des savoirs à l’heure des collectifs de connaissances ouvertes (open science).

L’hyper-interprétation repose la question de la configuration des savoirs comprise, non pas comme des traitements de données, mais plutôt comme le renouveau d’une culture de l’argumentation et de la délibération mettant en jeu, autour des textes et des corpus, un dialogue interscience qui couple compréhension et explication pour aborder un « faire sens ».

En partenariat avec :

tabsENMI 2023 : Jeux, Geste et Savoirs - Jouer, pour une puissance d’émancipation dans un monde de calcul

6 videos 15h 118 annotations dernière vidéo publiée 2023-12-20T13:57:14.584355

Jeux, gestes et savoirs

Jouer, pour une puissance d’émancipation dans un monde de calcul

En collaboration avec la Bibliothèque Publique d’information du Centre Pompidou, l’Association Épokhè et le programme européen NEST Partenariat : Cap Digital et Études digitales

17ème édition

18 et 19 décembre 2023

Petite Salle – Centre Pompidou

Peut-on jouer avec une machine ? et qu’est-ce qu’une machine ? Ce sont des questions anciennes qu’il s’agit de reposer à l’aune de la disruption Chat GPT. Tel pourrait être le défi de ces Entretiens du Nouveau Monde Industriel tant l’usage grand public des modèles statistiques de langage introduit une disruption massive dans nos pratiques noétiques et le développement de nos savoirs et réinterroge la question fondatrice du « jeu de l’imitation » introduite par Alan Turing. En effet, l’hypothèse ici explorée place le jeu comme nouvel espace de capacitation articulant le calculable et l’incalculable, c’est-à-dire ce que les designers de jeux désignent par le game et le play, règles et expérience, dans un contexte de production des savoirs littéralement mise à mal par des modèles statistiques dont les règles ne sont pas explicitées, compromettant ainsi toute forme de play, d’élaboration, d’interprétation. Le jeu avec Chat GPT est-il encore possible, tant il semble n’y avoir aucun « jeu » dans ce qui nous soumet au règne de la synthèse artificielle en inhibant toute forme d’analyse ? Est-ce encore un jeu, ou une ultime gamification, quand nous semblons condamnés à ne pouvoir gagner, sans jamais pouvoir perdre ?

Cette 17ème édition des Entretiens du Nouveau Monde Industriel entend apporter un éclairage théorique, historique et épistémologique sur le pouvoir du jeu à nous capaciter, dans l’interaction avec le calcul.

bookGeste comme langage, sous la direction de Patricia Ribault

8 videos 20h 38 annotations dernière vidéo publiée 2023-12-18T17:46:13.068421

Sous la direction de Patricia Ribault, docteur en Arts et Sciences de l’art (Université Paris I Sorbonne). Des premiers gestes de percussion décrits et analysés par Leroi-Gourhan jusqu’aux interfaces tactiles des objets communicants contemporains, le geste fait langage ; autrement dit, il s’inscrit dans une organisation du corps humain et de sa prothéticité indissociable de l’évolution du corps social. Cela signifie qu’il se dépose dans les objets que nous produisons sous forme de traces ouvertes à interprétation, selon un processus que le philosophe italien Luigi Pareyson qualifie de « formativité » : l’union inséparable de production et d’invention. Ce séminaire, qui sera co-parrainé par le Centre d’Histoire des Techniques et de l’Environnement du CNAM et de l’EHESS et par le LETA/CREDE, s’attachera à tracer une technogénèse du geste à travers différentes approches, qu’elles soient historiques, anthropologiques, technologiques, artistiques ou philosophiques. Nous chercherons à comprendre d’une part comment le corps s’inscrit dans la matière à travers la praxis et les œuvres d’artistes, d’artisans, d’ingénieurs ou de designers, et d’autre part, comment ces gestes engendrent des systèmes d’expression communs. Nous tenterons également d’identifier des « temps du geste » par rapport aux grandes structures techniques et sociales qui ont constitué notre histoire et nous porterons une attention particulière à la position de l’artiste, pour qui le geste n’est pas forcément un moyen mais plutôt une fin en soi, l’expression d’une plasticité qui crée du langage par des voies parallèles aux chemins « efficaces » qu’emprunte la technique. Cela nous permettra de mettre en valeur la double dimension de recherche et d’expérimentation propre au geste, entendu comme travail conjoint du corps et de l’esprit et d’envisager de nouvelles pratiques exploratoires des arts et techniques. Enfin, dans le contexte des technologies culturelles actuelles, nous engagerons une réflexion sur la notion de motricité appliquée au numérique ainsi qu’aux « hyper-objets » de notre temps, capables de tracer, d’enregistrer et bientôt de communiquer entre eux de manière tout à fait inédite à ce jour.

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