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tabsÉdition 2019 : Exorganologie II – Remondialisation et Internation

1 video 2h 0 annotation dernière vidéo publiée 2019-02-07T12:20:04.799511

La globalisation a été une immondialisation : l’immonde destruction des mondes. Cette réalité sur laquelle prospèrent toutes les régressions désormais dominantes est restée foncièrement impensée. Et il en va ainsi parce qu’un monde, en tant qu’il constitue une matrice de noodiversité, est avant tout une singularité idiomatique néguanthropique. Comment panser cela sans régresser soi-même, et pourquoi cela n’aura-t-il donc pas été pensé en tant que tel, à l’échelon politique et économique en particulier – et malgré des travaux tels ceux par exemple de Jean-Luc Nancy ?

Nous posons dans ce séminaire conduit dans le cadre de pharmakon.fr qu’il en va ainsi parce que les concepts d’entropie et de néguentropie, tels qu’ils décrivent des réalités thermodynamiques, biologiques et cognitivo-informationnelles, demeurent à ce jour dans les limbes. Et nous posons que l’ère Anthropocène est une ère Entropocène telle que ces dimensions thermodynamiques, biologiques et cognitivo-informationnelles s’y combinent en mettant le cap au pire.

Comme ce fut souligné l’an passé, ce séminaire est directement lié au programme de recherche contributive Plaine commune territoire apprenant contributif (cf. recherchecontributive.org), cette recherche ayant elle-même pour but de cerner les contours d’une économie contributive qui se déclinerait aux niveaux micro-économique, méso-économique et macro-économique.

Quant à cette ambition macro-économique, elle dépasse nécessairement les cadres nationaux. C’est pourquoi ce séminaire sera cette année également lié à l’objectif que s’est assigné un groupe issu d’Ars Industrialis, de pharmakon.fr, d’autres horizons et de certains issus des travaux de l’IRI (dont Plaine Commune territoire apprenant contributif), de remettre aux Nations Unies un memorandum of understanding en janvier 2020, au siège européen de l’ONU, et à l’occasion de la commémoration à Genève du 100è anniversaire de la league of nations, également appelée autrefois la SDN (Société Des Nations).

Cette initiative s’est engagée à partir des deux considérants suivants :

• D’une part, il faut rétrospectivement appréhender l’histoire centenaire de la Société des Nations puis de l’Organisation des Nations Unies au regard de l’analyse, avancée par Marcel Mauss en 1920, des enjeux et de l’avenir des rapports entre les nations, le droit international et ce qu’il nomme l’internation.

• D’autre part, il faut inscrire cette question de l’internation dans l’ère Anthropocène en vue d’y projeter la mise en œuvre d’une nouvelle macro-économie à l’échelle de ce qui était apparu en 1926 constituer la biosphère (au sens de Vernadsky), et qui se présente à présent comme une technosphère (comme l’annonçait aussi Vernadsky), caractéristique de l’ère Anthropocène.

L’économie contributive est une macro-économie caractérisée par le fait qu’elle lutte contre l’entropie : la néguentropie y devient le critère primordial d’établissement des valeurs d’usage et des valeurs d’échange qui y circulent. Cela signifie qu’elle revalorise les savoirs, qui seuls permettent des bifurcations anti-anthropiques, et les localités, qui, comme lieux où du savoir a lieu et fait diversement corps, sont les matrices de la noodiversité – et il ne peut qu’en aller ainsi dans la mesure où l’anti-anthropie et la néguanthropie, tout comme l’anti-entropie et la néguentropie, ne peuvent se produire que localement.

La biosphère elle-même, y compris comme la technosphère d’échelle planétaire qu’elle est devenue, constitue une localité dans le système solaire, dont le dehors qui la nourrit en tant que système ouvert est le soleil. Nous avions en ce sens tenté durant le séminaire 2017 d’appréhender les emboîtements de localités avec les notions de microcosmes, de macrocosme et de cosmos.

Le séminaire de cette année 2019 sera consacré pour l’essentiel à approcher ce que devraient et pourraient être les éléments primordiaux (les principes) d’un droit de l’internation à l’époque de la technosphère, conçu en vue de sortir de l’ère Anthropocène, et pour entrer dans l’ère Néguanthropocène. On s’attachera à y reconsidérer la question du droit dans ses rapports à la fois à la technique et à la localité – celle-ci n’étant pas réductible aux conditions territoriales – dans la stricte mesure où une économie de lutte contre l’anthropie constitue nécessairement des agencements exosomatiques locaux, dont la localité est définitoire de ses critères néguanthropiques et anti-anthropiques.

On se réfère ici, comme au cours des années précédentes, aux concepts d’organe exosomatique et d’évolution exosomatique avancés par Alfred Lotka, et à ce que nous avons appelé les exorganismes simples et les exorganismes complexes, qui constituent des localités exorganiques. De tels exorganismes sont des processus que traversent des flux dont l’unité à l’échelle de l’internation devrait constituer une technosphère accomplie, à la fois légitime et durable, c’est à dire capable de dépasser l’ère Anthropocène mortifère.

Nous tenterons en conséquence d’appréhender la question du droit du point de vue exosomatique, et telle qu’elle s’impose en toute forme d’ « exorganisme complexe supérieur » au sens où il en fut question dans le séminaire 2018 – les « exorganismes complexes inférieurs » étant soumis à un droit qu’ils ne produisent pas (c’est aussi ce à quoi introduit Qu’appelle-t-on panser ? 1. L’immense régression).

Un tel droit des exorganismes complexes supérieurs est réputé s’imposer aux exorganismes complexes inférieurs en fonction d’une légitimité procédant d’une souveraineté. Avec le développement des économies industrielles, la souveraineté des Nations et des Etats qui les constituent comme entités juridiques est cependant battue en brêche par les marchés et leur « désencastrement » – au sens de Karl Polanyi. Après que la réponse à la grande crise économique de 1929 eut réaffirmé la fonctionnalité macro-économique de l’Etat « providence » face à la constitution d’Etats nationalistes et totalitaires, le néolibéralisme aura provoqué le déclin idéologique de l’Etat-Nation en général, cependant que les technologies réticulaires et les dispositifs algorithmiques de scalabilité en quelque sorte le défonctionnalisaient, et, en cela, le délégitimaient.

L’actuelle régression nationaliste et autoritaire qui se manifeste partout dans le monde, et qui se combine généralement avec le déni de la situation calamiteuse résultant de l’Anthropocène, est un symptôme de ce qui, ayant laissé dans l’ombre les enjeux de la lutte contre l’anthropie soulevés en 1971 par Nicholas Georgescu-Rœgen, et ayant en conséquence renoncé à problématiser et fonctionnellement questionner les apories de la localité néguanthropique, s’est en outre subitement exaspéré, si l’on peut dire, sous l’effet de ce qui, au XXIè siècle, pose la question de ce que Franck Pasquale a décrit comme une souveraineté fonctionnelle des plateformes qui dominent la technosphère (cf. « From Territorial to Functional Sovereignty: The Case of Amazon ». https://lpeblog.org/2017/12/06/from-territorial-to-functional-sovereignty-the-case-of-amazon/).

En explorant tout d’abord les thèses de Mauss quant à ce qui constitue ce que l’on appellera les idiomaticités des nations, tout aussi bien que les apories de l’idiome, c’est à dire aussi de ce que Derrida appelait les intraduisibles, et Deleuze les singularités, et en y ajoutant le point de vue simondonien de l’individuation psychique et collective, on tentera de repenser et repanser du point de vue exosomatique le droit et la justice à partir de ce que Bergson appelle l’obligation, qu’il observe aussi sous l’angle de la philia telle qu’elle concerne aussi bien les groupements animaux (ainsi que le posait déjà Aristote – cf. Jean Lauxerois, L’amicalité), et en reconsidérant les analyses que Schmitt propose du nomos à l’époque de la conquête spatiale comme formation de l’exosphère qui entoure et contrôle la technosphère (la conquête spatiale est d’abord la conquête de la Terre comme technosphère – bien plus que de la Lune, de Mars ou du Système Solaire).

On tentera ainsi de réinterpréter le discours de Félix Guattari quant à ce qu’il décrit comme trois écologies, et quant à ce qui, comme nouvelle organisation macro-économique de ce que Mauss appelle donc l’internation, devrait permettre de les articuler fonctionnellement par la mise en œuvre d’une économie contributive de lutte contre l’entropie et l’anthropie.

Éléments de bibliographie :

Félix Guattari, Les trois écologies

Marcel Mauss, La Nation

Arnold Toynbee, L’aventure humaine, L’Histoire

Henri Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion

Jacob Von Uexküll, Mondes animaux et mondes humains

Carl Schmitt, Le nomos de la terre

Saskia Sassen, La globalisation. Une sociologie

Niklas Luhmann, Politique et complexité

Bertrand Gille, « Prolégomènes » à l’Histoire des techniques.

André Leroi-Gourhan, Milieu et techniques

Fernand Braudel, La dynamique du capitalisme

Alain Supiot, L’inscription territoriale des lois

Martin Heidegger, « La parole d’Anaximandre » dans Chemins qui ne mènent nulle part

tabsENMI 2018 : L'intelligence des villes et la nouvelle révolution urbaine

4 videos 16h 422 annotations dernière vidéo publiée 2018-12-20T09:59:07.053761

bookWork Marathon 2018 – Serpentine Galleries

12 videos 12h 157 annotations dernière vidéo publiée 2018-11-27T11:17:43.664116

Building on the 2017’s GUEST, GHOST, HOST: MACHINE! Marathon, which focused on artificial consciousness and machine learning, the 2018 Work Marathon explored issues including: technological developments leading to automation and its impact on labour; the political urgencies of coerced and invisible labour; and the role of non-human agents, including artificial intelligence, animals and materials, in the context of planetary ecologies.

The Serpetine Galleries Work Marathon 2018 was conceived in collaboration with Professor Bernard Stiegler who gathered experts from around the world to consider economics for an age of planetary-scale environmental crisis, looking to reduce the human footprint on the planet and reverse the phenomenon of entropy that follows. With Stiegler’s advice, the 2018 Serpentine Marathon has the goal of contributing to the writing of a manifesto, the first version of which will be issued on 23 September, and the definitive version of which will be sent to the United Nations, in Geneva, on 10 January 2020 – the day of the centenary anniversary of the League of Nations.

tabs2015 – Analyse phénoménologique des objets audiovisuels

14 videos 16h 1 annotation dernière vidéo publiée 2018-09-27T13:57:25.142281

Cours "Phénoménologie des objets temporels audiovisuels", professé par Bernard Stiegler à l'Université de Technologie de Compiègne (UTC). Enregistré au semestre d'automne 2015.

Description: Comprendre les mécanismes fondamentaux de la conscience qui rendent possible l'efficacité du cinéma, par l'étude des concepts issus de la phénoménologie des objets dits «temporels» et leur mise en application par l'analyse critique de grandes oeuvres du cinéma des cinquante dernières années et aussi d'analyser les conditions d'une description formelle des contenus filmiques à l'époque de la numérisation des images animées sonores.

bookColloque Mars 2018 : Une Économie Contributive dans une Société du Soin

7 videos 5h 0 annotation dernière vidéo publiée 2018-07-20T14:22:26.301028

Face à l’automatisation de l’emploi et à la numérisation de l’économie, comment mettre le numérique au service d’une nouvelle économie locale, durable et contributive, en y associant une réflexion plus large prenant en compte l’éducation, le vivre-ensemble et l’urbanité ?

Dans ce cadre, cette rencontre a pour but de mettre en perspective et en débat les thèses et hypothèses du programme Plaine Commune Territoire apprenant contributif et celles élaborées en 2017 par la Chaire de recherche contributive (cf. recherchecontributive.org), dans le contexte nouveau ouvert par le programme Territoire d’innovations intégratives et soutenables. Pour une urbanité numérique du droit à la ville, élaboré par l’ETP Plaine Commune en collaboration avec le programme Rêves de scènes urbaines et l’Université Paris 8, en réponse à l’appel d’offre Territoire d’innovation de grande ambition du Programme d’investissement d’avenir 2017.

Il s’agit à cette occasion de conjuguer deux ordres de questions qui doivent être à la fois clairement distingués et fonctionnellement articulés à l’échelle micro-économique et micro-politique et à l’échelle macro-économique et macro-politique. Le programme, qui vise à mettre en œuvre les principes d’une économie contributive (également appelée économie de la contribution), et dont lerevenu contributif est l’élément de base, enchaîne sur des analyses d’inspirations très diverses – des propositions sur l’automatisation dans les Grundrisse de Karl Marx aux propositions d’Amartya Sen sur la capacitation.

Les travaux sont conduits en dialogue avec les programmes européens Nextleap, spécifiquement consacré aux questions de cryptographie et de décentralisation des réseaux, et Real smart cities, conduit par le Digital studies network et consacré à la requalification des technologies et visions urbaines afférentes à ce que l’on appelle les Smart cities.

tabsÉdition 2018 : Intelligence Urbaine après deux siècles d'industrialisation

6 videos 16h 0 annotation dernière vidéo publiée 2018-07-04T15:49:28.833553

Intelligence Urbaine après deux siècles d'industrialisation

Séminaire transdisciplinaire en préparation des Entretiens du Nouveau Monde Industriel sur le thème de l'intelligence urbaine (18-19 décembre 2018)

Lundi 2 juillet 2018 de 9h00 à 19h30 Mardi 3 juillet 2018 de 9h00 à 19h30

Objectives du séminaire

Ce séminaire consacré à l’intelligence urbaine à l’époque de la ville automatique propose de rouvrir les questions qui furent celles de Henri Lefebvre dans La critique de la vie quotidienne, Le droit à la ville, Vers le cybernanthrope et La production de l’espace et, ce faisant, de revisiter les caractéristiques de l’urbanité industrielle telle qu’elle émerge à l’époque de Karl Marx. Il s’agira de caractériser le capitalisme contemporain porteur du programme de « smartification » généralisée et d’examiner les conditions dans lesquelles la ville hautement connectée pourrait et devrait devenir aussi et avant tout la ville de la désautomatisation, c’est à dire de l’intelligence de l’habitation et de la réinvention des savoirs urbains sous toutes leurs formes.

Le développement promis par les modèles de smartification issus de la Silicon Valley est insoutenable : il constitue avant tout une nouvelle accélération de l’augmentation de l’entropie qui caractérise l’Anthropocène dès son origine. Il a été posé quelques fois – et par métaphore – que la ville serait une sorte d'organisme, et le milieu urbain une sorte de tissu conjonctif. Italo Calvino a souligné qu'il est possible d'avoir deux visions apparemment opposées de la ville : la ville comme machine, et la ville comme organisme. À présent, la machinisation de la ville n'est plus métaphorique : elle devient effective à travers l'implantation des fonctionnalités automatisées, dont les technologies urbaines numériques permettent le déploiement.

La question du rapport entre le vivant et le machinique cependant peut et doit être dépassée à partir des travaux d’Alfred Lotka, qui proposa en 1945 de considérer le vivant humain comme un processus de production d'organes qu'il appela exosomatiques. L'homme est un organisme vivant exosomatique qui, vivant en société, construit et institue lui-même des organismes exosomatiques de dimensions supérieures, au sein desquels vivent des groupes humains.

Ce séminaire tentera de poser la question de la technologie industrielle numérique en reparcourant la courte histoire de l’internet, du world wide web et des plateformes, et en la qualifiant d’un point de vue épistémique et épistémologique – c’est à dire dans le cadre de ce que l’IRI et le Digital studies network ont appelé à partir de 2014 les études digitales (digital studies) – et en tant qu’elle caractérise le capitalisme computationnel comme un type spécifique d’épistémè.

Il situera ces questions dans le contexte du développement de ce qui, au-delà du marketing des « smart cities », constitue la question d’une urbanité numérique – les « villes connectées » étant ici appréhendées comme un type spécifique de plateforme (au sens du « capitalisme des plateformes » où s’agencent et se reconfigurent en profondeur des métabolismes urbains protéiformes).

Il projettera ces problématiques dans les champs de l’architecture et de l’urbanisme au moment où les matériaux de construction pucés, les technologies de modélisation, de conception, de construction, de cycle de vie et de gestion des organes et des flux dans les exorganismes constituent une nouvelle « révolution urbaine », hyperindustrielle, affectant profondément aussi bien les habitants que les secteurs de la construction et de la « production de l’espace » – qui pourrait devenir dangereusement inurbaine.

Il tentera d’entrer dans ces questions depuis le point de vue marxien tel qu’il suppose une théorie de l’évolution technique, revendiquée par Marx dans Le Capital 1, et telle qu’elle doit être relue au regard des hypothèses de Lotka et recontextualisée au XXIè siècle dans le cadre de l’analyse critique de l’Anthropocène.

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